De nombreux sportifs utilisent la musique avant et pendant leur pratique sportive. Dans le langage anglo-saxon, on parle notamment de workout music (musique d’entraînement) que l’on retrouve notamment dans le monde du fitness.
Mais alors pourquoi écoutent-ils de la musique ? Est-ce pour se donner un style ou alors cela a des effets sur la performance sportive ?
La réponse est bien évidemment la deuxième !
En effet, la musique a de nombreuses influences sur les aspects psychologiques et physiologiques du sportif et ainsi sur sa performance.
L’objectif de cet article est de décrire en détail ces différentes influences de la musique dans le sport.
1. Musique et motivation
La musique a tout d’abord un effet sur la motivation à agir, à se dépasser.
En effet, la musique active certaines zones du cerveau dont notamment les zones motrices et celles des émotions, donc celles qui nous « mettent en mouvement ».
Deux chercheurs, Karageorghis et Terry (1999), ont étudié les effets de la musique sur la motivation et ont défini un questionnaire : le Brunel Music Rating Inventory (BMRI), permettant d’évaluer le niveau de motivation d’une musique.
Ainsi, pour trouver de la motivation avant et/ou pendant votre pratique sportive, votre compétition, votre examen, écoutez une ou des musiques qui vous apportent les sensations, émotions et pensées désirées, qui vous poussent à agir, à aller de l’avant.
Pour ma part, une de mes musiques « motivantes » est celle de Zack Hemsey : « The Way ».
Et vous, quelle est votre musique « motivante » ?
2. Musique et fatigue
La musique a la capacité de :
- diminuer la sensation de fatigue durant l’effort
- diminuer la sensation de fatigue après l’effort
- favoriser la distraction de la douleur et des ressentis physiques durant l’effort
C’est la raison pour laquelle la Fédération Française d’Athlétisme a interdit fin 2015 l’utilisation de la musique en compétition d’athlétisme hors-stade (marathon).
3. Musique et fréquence cardiaque
Plusieurs recherches ont démontré une relation entre la fréquence cardiaque (FC) et l’écoute de la musique pendant un effort.
Selon plusieurs études (Yamamoto et al. (2003), Waterhouse et al. (2009)), une musique à tempo lent réduit la FC tandis qu’une musique à tempo rapide augmente la FC.
Également, un volume sonore fort tend à hausser la FC.
4. Musique et lactate
L’énergie nécessaire à l’effort (ATP : adénosine triphosphate) est produite par les réserves de glucose présentes dans les muscles, le sang et le foie.
La dégradation du glucose produit de l’acide lactique qui est en partie réutilisé pour reproduire du glucose ainsi qu’éliminé par le rein et la sueur.
Le lactate apparaît dès les premières secondes d’exercice et sa quantité augmente au fur et à mesure que l’intensité de l’effort augmente. C’est donc un bon indicateur de l’intensité de l’effort.
Un effort très intense produisant beaucoup d’acide lactique génère une acidose importante qui se ressent par des douleurs musculaires assez désagréables (tétanie, crampes…).
D’après plusieurs études, écouter de la musique durant un effort aérobie (d’endurance) et de récupération active permet d’abaisser la production de lactate et donc de maintenir l’effort plus longtemps (Eliakim et al. (2012), Szmedra et al. (1997)).
5. Musique, adrénaline et noradrénaline
L’adrénaline et la noradrénaline sont des neurotransmetteurs sécrétés en réponse à un état de stress et/ou un effort physique. Ils agissent sur la contraction musculaire. Ils favorisent l’excitation (augmentation de la fréquence cardiaque, contraction musculaire), la vigilance (dilatation des pupilles), l’apprentissage et le sommeil.
Une faible production d’adrénaline et de noradrénaline implique des troubles de l’humeur et de la dépression. D’où l’importance de pratiquer une activité physique.
Selon plusieurs recherches, une musique à tempo rapide augmente la production d’adrénaline et de noradrénaline tandis qu’une musique à tempo lent réduit leurs taux.
Ainsi, si votre besoin est d’augmenter votre niveau d’activation (ou fréquence cardiaque), écoutez une musique à tempo rapide (en échauffement par exemple). À l’inverse, si vous souhaitez vous relaxer, favorisez une musique à tempo lent (en récupération par exemple).
6. Musique et performance
D’après certaines études (Crust et al. (2004, 2007), Hutchinson (2011)), le rythme de la musique défini par le nombre de bpm (battements par minute) a un impact sur la performance.
Une musique à tempo élevé (140 bpm et plus) augmente la force (saut plus haut, maintien en isométrie plus longue, soulever une charge plus lourde), la vitesse, la puissance et la cadence du sportif. La fatigue ressentie après l’effort associé à une musique à tempo élevé est plus élevée que le même effort sans musique. Ce type de musique est donc parfait pour l’effort suite à l’échauffement.
Une musique à tempo moyen (120 à 140 bpm) favorise une meilleure endurance et une activation cardiaque (échauffement cardio).
Une musique à tempo lent (110 bpm et moins) est optimale pour récupérer ou pour un réveil musculo-articulaire.
Conclusion
Pour terminer cet article, je vous propose ainsi d’associer la musique à vos entraînements et à l’approche de votre compétition. Bien sûr, celle-ci est interdite durant la compétition comme expliqué précédemment.
Cela étant, je pense qu’il est tout autant important de s’entraîner sans musique afin d’aller y trouver la motivation, les ressources et l’énergie dans votre mental.
Je tenais à remercier le groupe Kiné Formations pour leur formation en ligne « Influence de la musique sur la performance sportive » qui m’a permis d’en faire une synthèse.
À bientôt pour le prochain article !
Crédit image : Image par StockSnap de Pixabay
Références
Karageorghis C., Terry P., Lane A. (1999). Development and initial validation of an instrument to assess the motivational qualities of music in exercise and sport: The Brunel Music Rating Inventory. Journal of Sports Sciences, 17, 713-724.
Yamamoto T., Ohkuwa T., Itoh H., & al. (2003). Effects of pre-exercice listening to slow and fast rhythm music on supramaximal cycle performance and selected metabolic variables. Archives of Physiology and Biochemistry, 111, 211-214.
Waterhouse J., Hudson P., Edwards C. (2009). Effects of music tempo upon submaximal cycling performance. Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sport, 20, 662-669.
Eliakim M., Bodner E., Eliakim A., & al. (2012). Effect of motivational music on lactate levels during recovery from intense exercise. Journal of Strength and Conditioning Research.
Szmedra L., Bacharach D. (1997). Effect of music on perceived exertion, plasma lactate, norepinephrine and cardiovascular hemodynamics during treadmill running. International Journal of Sports Medicine, 19, 32-37.
Crust L. (2004). Carry-over effects of music in an isometric muscular endurance task. Perceptual and Motor Skills, 98, 985-991.
Crust L., Clough P. (2007). The influence of rhythm and personality in the endurance response to motivational asynchronous music. Journal of Sport Sciences, 24, 187-195.
Hutchinson J., Sherman T., Davis L., & al. (2011). The influence of asynchronous motivational music on a supramaximal exercise bout. Journal of Sport Psychology, 42, 135-148.
Kiné Formation : Influence de la musique sur la performance sportive.